Plus de 1,5 million de freelances exercent aujourd’hui en France   et ce chiffre progresse de 20 % chaque année. Derrière cette croissance se cache une question que chaque indépendant se pose tôt ou tard : quel statut choisir entre le portage salarial, la SASU et l’auto-entreprise ?

Ces trois options sont les plus populaires parmi les consultants, cadres en reconversion et experts indépendants. Pourtant, elles ne s’adressent pas aux mêmes profils et n’offrent pas les mêmes avantages. Faire le mauvais choix, c’est risquer de perdre en protection sociale, de payer trop de charges, ou de se retrouver bloqué administrativement au mauvais moment.

Dans ce guide, Portage360 compare ces trois statuts point par point : rémunération nette, protection sociale, gestion administrative, droit au chômage, accès au crédit immobilier. Et surtout, nous vous aidons à choisir le statut adapté à votre profil et à votre situation.

 

Portage salarial, SASU, auto-entrepreneur : de quoi parle-t-on ?

Le portage salarial : liberté d’indépendant, sécurité de salarié

Le portage salarial est un statut hybride défini par le Code du travail français (Art. L.1254-1). Il repose sur une relation tripartite entre trois acteurs :

  • Vous, le consultant porté : vous trouvez vos missions, négociez vos tarifs et réalisez les prestations en totale autonomie.
  • La société de portage (ex. Portage360) : elle vous emploie via un contrat de travail (CDI ou CDD), facture vos clients et vous verse un salaire mensuel.
  • L’entreprise cliente : elle bénéficie de votre expertise et règle les factures à la société de portage.

 

En pratique, vous travaillez comme un indépendant   vous choisissez vos missions, votre rythme, vos tarifs   mais vous bénéficiez de tous les droits d’un salarié : fiche de paie, assurance chômage, retraite du régime général, mutuelle, responsabilité civile professionnelle (RCP) incluse.

 

💡 Bon à savoir : En portage salarial, aucune création de structure juridique n’est requise.  Vous pouvez démarrer votre activité en 48 heures, sans capital de départ, sans comptable, et sans risquer votre patrimoine personnel en cas de litige.

 

La SASU : la société pour les entrepreneurs ambitieux

La SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle) est une vraie entreprise que vous créez et dirigez seul. Elle offre une grande flexibilité dans l’organisation et une optimisation fiscale avancée, notamment via la distribution de dividendes.

Le président de SASU est « assimilé salarié » : il cotise au régime général de la Sécurité sociale s’il se verse une rémunération. Mais cette structure implique des formalités de création plus lourdes, la tenue d’une comptabilité formelle et le recours obligatoire à un expert-comptable. La SASU est particulièrement attractive pour les indépendants dont le chiffre d’affaires dépasse 80 000 € par an et qui souhaitent construire un patrimoine professionnel.

L’auto-entrepreneur : la simplicité avant tout

Le statut d’auto-entrepreneur (ou micro-entrepreneur) est le plus accessible. Création en 24 heures en ligne, aucune comptabilité complexe, charges sociales forfaitaires à environ 22 % du chiffre d’affaires. C’est le statut idéal pour tester une activité ou générer un revenu complémentaire.

Principale limite : le chiffre d’affaires est plafonné à 83 600 € HT pour les prestations de services (2025). Au-delà de ce seuil, vous perdez les avantages du régime micro et devez basculer vers un autre statut. La couverture sociale reste limitée par rapport au portage ou à la SASU : pas de droit au chômage, indemnités journalières réduites, retraite moins bien cotisée.

 

Comparatif complet : portage salarial vs SASU vs auto-entrepreneur

Ce tableau synthétise les différences clés entre les trois statuts sur les critères qui comptent vraiment pour un consultant ou freelance en France.

 

Critère Portage Salarial SASU Auto-entrepreneur
Création / démarrage 48h, aucune démarche 2–4 semaines 24h, en ligne
Plafond CA Aucun Aucun 83 600 € (services)
Charges sociales ~45–50 % du brut ~65 % du brut ~22 % du CA
Salaire net / CA facturé 50–55 % Variable (optimisable) ~78 % (hors IR)
Frais de gestion 5–10 % du CA HT Comptable + frais fixes Aucun
Protection sociale Régime général salarié Assimilé salarié TNS (limitée)
Droit au chômage ✅ Oui ✅ Si rémunéré ❌ Non
Gestion administrative Déléguée à la société Comptable obligatoire Très simple
RCP incluse ✅ Oui ❌ À souscrire ❌ À souscrire
Crédit immobilier ✅ Facile (CDI/fiche de paie) ⚠️ 3 bilans requis ⚠️ Difficile
Idéal pour Consultants, cadres, experts CA élevé + stratégie fiscale Débutants, petit CA

 

📌 Lecture du tableau : Le portage salarial est le statut le plus polyvalent pour un consultant  qui veut combiner autonomie, sécurité et absence de gestion administrative. La SASU devient intéressante à partir de 80 000 € de CA annuel avec une stratégie de rémunération mixte. L’auto-entreprise reste le meilleur point d’entrée pour tester une activité à faible risque.

 

Rémunération nette : combien touchez-vous réellement ?

La question de la rémunération est souvent décisive. Voici comment se calcule le revenu net selon chaque statut, pour un consultant facturant 5 000 € HT par mois (soit environ 60 000 € HT/an).

En portage salarial

Résultat : environ 2 500 à 2 750 € net/mois, soit 50 à 55 % du CA facturé.

  • Déduction des frais de gestion : 5 à 10 % du CA HT, soit 250 à 500 €.
  • Charges patronales et salariales : environ 45 à 50 % de la base de salaire brut.
  • Frais professionnels remboursés : déplacements, repas, matériel   exonérés de charges et non imposables.
  • Avantage méconnu : les frais pro sont déduits avant calcul du salaire, ce qui réduit les charges.

 

En SASU

La SASU permet d’optimiser la rémunération de deux façons : en se versant un salaire (soumis aux charges sociales) et en distribuant des dividendes (soumis à la flat tax de 30 %). Mais cette optimisation nécessite un expert-comptable et devient vraiment pertinente à partir de CA élevés.

Résultat : variable, entre 45 et 60 % du CA selon la stratégie de rémunération adoptée. Les charges sociales sont plus élevées (environ 65 % du salaire brut) mais les leviers d’optimisation sont plus nombreux.

En auto-entrepreneur

Résultat : environ 60 à 65 % du CA en net avant impôt   taux de charges forfaitaires de 22 %. C’est le meilleur taux brut, mais attention : la couverture sociale est réduite et le plafond de CA limite la croissance.

 

💰 Exemple concret   Pour 5 000 € HT facturés :

   • Portage salarial → ~2 600 € net (50–52 %)

   • SASU (salaire seul) → ~1 900 € net, mais optimisable avec dividendes

   • Auto-entrepreneur → ~3 900 € net brut d’IR (78 %), mais sans chômage ni retraite complète

   👉 Le portage salarial offre le meilleur équilibre protection / revenu disponible.

 

Protection sociale : le critère qui fait vraiment la différence

La rémunération nette n’est qu’une partie de l’équation. La protection sociale   en cas de maladie, de chômage, de maternité ou d’accident   est souvent négligée au moment de choisir un statut. À tort.

Portage salarial : la couverture maximale

En portage salarial, vous bénéficiez du régime général de la Sécurité sociale, exactement comme un salarié classique :

  • Assurance maladie : indemnités journalières calculées sur les 3 derniers mois de salaire.
  • Assurance chômage : ouverte après 6 mois d’activité (130 jours travaillés). En cas de fin de mission ou de rupture de contrat, vous avez droit aux allocations France Travail.
  • Retraite : cotisations aux régimes AGIRC-ARRCO, validation de trimestres pour la retraite de base.
  • Mutuelle : obligatoire, prise en charge à 50 % minimum par la société de portage.
  • Responsabilité civile professionnelle : incluse dans les frais de gestion de la société de portage.

SASU : une bonne couverture, si vous vous rémunérez

Le président de SASU bénéficie du régime général   à condition de se verser une rémunération. Sans salaire versé, pas de cotisations, donc pas de droits. Les dividendes ne génèrent pas de couverture sociale. C’est le point de vigilance principal de la SASU.

Auto-entrepreneur : le parent pauvre de la protection

L’auto-entrepreneur est travailleur non salarié (TNS). Ses indemnités journalières sont calculées sur les 3 dernières années de revenus (et non les 3 derniers mois comme pour un salarié). Conséquence : en début d’activité, la couverture maladie est quasi nulle. Il n’y a aucun droit au chômage, sauf à souscrire une assurance privée. La retraite est faiblement cotisée, ce qui pénalise les droits futurs.

 

Quel statut choisir selon votre profil ?

Il n’existe pas de statut universel. Le choix dépend de votre situation personnelle, de votre niveau de CA et de vos priorités. Voici trois profils types pour vous aider à décider.

Profil 1   Vous débutez en freelance ou testez une nouvelle activité

Notre recommandation : commencez par l’auto-entrepreneur. Les formalités sont minimales, les charges légères et la sortie sans risque. C’est le statut idéal pour valider votre modèle commercial et trouver vos premiers clients.

Passez au portage salarial dès que vous approchez du plafond de 83 600 € de CA, que vous souhaitez une protection sociale complète, ou que vous avez besoin de fiches de paie pour un projet immobilier.

Profil 2   Vous êtes cadre en reconversion ou consultant expert

Notre recommandation : optez pour le portage salarial. Vous bénéficiez d’un démarrage immédiat (48h), d’une couverture sociale équivalente à votre ancien emploi, d’un accès au chômage en cas de creux d’activité et d’aucune contrainte administrative. C’est le statut qui offre le meilleur rapport autonomie / sécurité pour les experts qui facturent entre 300 et 700 € par jour.

Profil 3   Vous générez plus de 80 000 € de CA et pensez à long terme

Notre recommandation : envisagez la SASU. Les leviers d’optimisation fiscale (dividendes, holding, épargne salariale) deviennent significatifs à ce niveau de revenus. La SASU vous permet aussi de construire un patrimoine professionnel, d’embaucher des collaborateurs et de préparer une éventuelle cession. Attention cependant aux frais de comptabilité et aux délais de création.

Astuce : il est tout à fait possible de cumuler portage salarial et SASU le temps de faire la transition, ou de tester les deux statuts en parallèle.

 

Portage salarial et crédit immobilier : l’atout méconnu

C’est l’un des avantages les moins connus du portage salarial, et pourtant l’un des plus concrets : le portage salarial facilite considérablement l’accès au crédit immobilier.

Les banques évaluent la solidité d’un emprunteur sur la base de sa stabilité de revenus. Un CDI de portage, accompagné de fiches de paie régulières, rassure les établissements financiers   bien davantage qu’une activité en auto-entrepreneur ou les 3 bilans comptables requis pour une SASU.

🏠 Témoignage type : « J’ai obtenu mon prêt immobilier en 3 semaines grâce à mon CDI  de portage salarial. La banque a immédiatement accepté mes fiches de paie Portage360  comme justificatif de revenus stables. En auto-entrepreneur, j’avais essuyé deux refus. »

Quel statut vous convient vraiment ?

Le choix entre portage salarial, SASU et auto-entrepreneur ne se résume pas à un calcul de charges. C’est une décision qui impacte votre qualité de vie, votre protection en cas de coup dur, votre crédibilité auprès des banques et des clients, et votre capacité à développer votre activité sereinement.

Si vous êtes consultant, expert ou cadre en reconversion, le portage salarial est dans la grande majorité des cas la solution la plus adaptée : démarrage immédiat, protection sociale complète, aucune gestion administrative, et accès au chômage. C’est l’option qui vous permet de vous concentrer sur votre métier, pas sur la paperasse.

Si vous débutez avec un petit CA, l’auto-entreprise est une excellente porte d’entrée. Et si vous générez plus de 80 000 € de CA par an avec une vision patrimoniale à long terme, la SASU mérite d’être étudiée sérieusement.

FAQ   Questions fréquentes sur le choix du statut

Q1 : Peut-on cumuler portage salarial et auto-entrepreneur ?

Oui, c’est légalement possible. Vous pouvez exercer les deux statuts en parallèle, par exemple pour des clients différents ou des types de missions différents. Vérifiez simplement qu’aucune clause d’exclusivité ne figure dans votre contrat de portage.

Q2 : Le portage salarial est-il plus avantageux que la SASU ?

Pour un CA inférieur à 80 000 € et pour tout consultant qui souhaite éviter la gestion administrative, oui. La SASU prend l’avantage à partir de revenus élevés grâce aux dividendes et aux leviers d’optimisation fiscale, mais elle nécessite un expert-comptable et des délais de création.

Q3 : L’auto-entrepreneur a-t-il droit au chômage ?

Non. L’auto-entrepreneur n’est pas salarié et ne cotise pas à l’assurance chômage. En cas de perte d’activité, aucune indemnisation n’est prévue, sauf à avoir souscrit une assurance privée spécifique. C’est l’un des inconvénients majeurs de ce statut par rapport au portage salarial.

Q4 : Quel statut est le plus rapide pour démarrer ?

Le portage salarial permet de démarrer en 48 heures, sans création de structure. L’auto-entrepreneur nécessite 24 à 48 heures d’inscription en ligne. La SASU demande 2 à 4 semaines de formalités (rédaction de statuts, dépôt de capital, immatriculation).

Q5 : Quels sont les frais de gestion en portage salarial ?

Les sociétés de portage prélèvent généralement entre 5 % et 10 % du chiffre d’affaires HT. En contrepartie, elles prennent en charge l’ensemble de la gestion administrative, la facturation, la RCP et la gestion de la paie. Chez Portage360, les frais de gestion sont transparents et détaillés sur votre compte d’activité mensuel.

Q6 : Est-il possible de passer de l’auto-entrepreneur au portage salarial ?

Oui, et c’est même un passage très courant. Lorsque le plafond de CA de l’auto-entreprise est atteint, ou lorsque le besoin de protection sociale se fait sentir, le portage salarial est une transition naturelle. Il est possible de cumuler les deux statuts temporairement pour assurer la continuité de l’activité.

 

 

Published On: 10 avril 2026 / Views: 11 /
About the Author: Amine Benkhali
Entrepreneur spécialisé dans le portage salarial, Amine Benkhali est président de la société PORTAGE 360. Fort d'une solide expérience dans le conseil aux entreprises et les services administratifs, il accompagne au quotidien les consultants et freelances dans la gestion sécurisée de leur activité professionnelle.

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