Imaginez la scène : vous venez de décrocher une belle mission de six mois à Londres, puis une autre opportunité se profile à Berlin. En tant que consultant indépendant, cette mobilité internationale est excitante et financièrement attractive. Mais voilà qu’une question revient sans cesse vous hanter : comment gérer vos impôts dans tout ça ?
Si vous êtes en portage salarial et que vous travaillez à l’international, la fiscalité peut vite devenir un véritable casse-tête. Dans quel pays déclarer ? Comment éviter de payer deux fois ? Quelles sont les règles à respecter pour rester en conformité ?
Dans cet article, je vous explique tout ce qu’il faut savoir sur l’impôt et le portage salarial international, de manière simple et concrète. Que vous soyez consultant IT, expert RH ou spécialiste métier, vous allez enfin y voir clair !
- Comprendre les bases de la fiscalité internationale
- Déterminer votre pays d’imposition en portage international
- Les dispositifs d’exonération pour les missions internationales
- Démarches et obligations déclaratives
- Les pratiques frauduleuses à éviter absolument
- Cas pratiques : trois situations concrètes
- En résumé : vos 5 points clés à retenir
- Besoin d’aide pour optimiser votre situation fiscale en portage international ?
Comprendre les bases de la fiscalité internationale
Avant de plonger dans les détails techniques, posons les fondations. La fiscalité internationale repose sur trois piliers essentiels que tout consultant en portage doit maîtriser.
Qu’est-ce que la résidence fiscale ?
Votre résidence fiscale, c’est un peu votre « domicile fiscal officiel ». C’est le pays qui a le droit de vous réclamer des impôts sur l’ensemble de vos revenus mondiaux. Et contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce n’est pas une question de passeport ou de nationalité !
En France, vous êtes considéré comme résident fiscal dès lors que vous remplissez au moins l’un de ces critères :
Votre foyer principal se trouve en France
C’est là que vit votre famille, que se trouvent vos enfants scolarisés, où vous avez votre logement principal. Même si vous passez plusieurs mois à l’étranger pour vos missions, tant que votre conjoint et vos enfants restent à Paris, vous êtes généralement considéré comme résident fiscal français.
Vous y exercez votre activité professionnelle principale
Si l’essentiel de vos revenus provient de missions réalisées depuis la France ou pour des clients français, même avec quelques déplacements internationaux, la France reste votre centre d’activité.
Vos intérêts économiques majeurs sont concentrés en France
Vos comptes bancaires principaux, vos investissements, votre épargne, votre patrimoine immobilier… Si tout cela se trouve en France, c’est un indicateur fort de votre résidence fiscale.
Prenons un exemple concret : Sophie, consultante marketing, effectue une mission de quatre mois en Belgique. Mais sa famille reste à Lyon, elle y possède son appartement et ses comptes bancaires principaux. Malgré ses déplacements, Sophie demeure résidente fiscale française. C’est donc en France qu’elle devra déclarer l’ensemble de ses revenus, y compris ceux gagnés en Belgique.
Le rôle des conventions fiscales bilatérales
Heureusement pour nous, il existe des accords entre pays pour éviter que chacun ne se serve au passage ! Ce sont les conventions fiscales internationales, et elles sont votre meilleure amie quand vous travaillez à l’étranger.
Ces conventions définissent précisément :
- Quel pays a la priorité pour vous imposer
- Comment l’autre pays doit tenir compte de l’impôt déjà payé
- Les mécanismes pour éliminer la double taxation
Un cas pratique pour mieux comprendre :
Marc, consultant en transformation digitale, effectue une mission de huit mois en Allemagne. Sans convention fiscale, il pourrait théoriquement être imposé deux fois : une fois en Allemagne (où il travaille) et une fois en France (où il est résident fiscal). La convention franco-allemande intervient pour trancher : elle détermine que l’Allemagne imposera ces revenus en priorité, et la France devra accorder un crédit d’impôt correspondant.
La France a signé plus de 125 conventions fiscales avec différents pays. C’est un filet de sécurité précieux pour tous les consultants qui travaillent à l’international !
Comment éviter de payer deux fois ses impôts ?
Le principe de non-double imposition est au cœur du système fiscal international. Il existe deux méthodes principales pour l’appliquer :
1. La méthode de l’exemption
Votre pays de résidence (la France) renonce purement et simplement à taxer les revenus déjà imposés à l’étranger. C’est la solution la plus simple : vous payez uniquement dans le pays où vous avez travaillé.
2. La méthode du crédit d’impôt
La France vous impose sur vos revenus mondiaux, mais déduit de votre facture fiscale française ce que vous avez déjà payé à l’étranger.
Exemple chiffré :
Imaginons que vous gagnez 60 000 € sur une mission en Allemagne et que vous y payez 15 000 € d’impôts. De retour en France, l’administration calcule ce que vous auriez dû payer sur ces 60 000 € selon le barème français, disons 18 000 €. Grâce au crédit d’impôt, vous ne paierez que la différence : 18 000 – 15 000 = 3 000 €. Et si l’impôt allemand avait été égal ou supérieur à l’impôt français ? Vous n’auriez rien à payer de plus en France !
Déterminer votre pays d’imposition en portage international
Maintenant que nous avons posé les bases, voyons concrètement comment savoir où vous serez imposé. Deux facteurs entrent en jeu : votre situation personnelle et la durée de vos missions.
La situation personnelle : le critère numéro un
L’administration fiscale ne regarde pas seulement votre calendrier de déplacements. Elle examine votre vie dans son ensemble :
Le domicile permanent
Où se trouve votre « vraie » maison ? Pas l’hôtel où vous dormez pendant votre mission, mais le lieu où vous revenez, où sont vos affaires personnelles, où vous recevez votre courrier important. C’est votre point d’ancrage.
Le centre de vos intérêts vitaux
Cette notion va plus loin. Elle englobe :
- Vos liens familiaux (conjoint, enfants, parents proches)
- Vos liens sociaux (amis, associations, clubs)
- Vos intérêts économiques (comptes bancaires, placements, biens immobiliers)
- Votre activité professionnelle habituelle
Le nombre de jours passés dans chaque pays
Attention, ce critère est important mais il n’est pas le seul ! Vous pouvez passer 200 jours à l’étranger dans l’année et rester résident fiscal français si votre famille, votre patrimoine et vos intérêts économiques restent en France.
L’histoire de Pierre :
Pierre est consultant en cybersécurité. Sur douze mois, il passe 220 jours en mission répartis entre la Suisse, le Luxembourg et la Belgique. Pourtant, sa femme et ses deux enfants vivent à Bordeaux, il y possède sa résidence principale et tous ses comptes bancaires. Verdict : Pierre reste résident fiscal français malgré ses nombreux déplacements professionnels.
La durée des missions : le seuil des 183 jours
La durée de vos missions à l’étranger joue un rôle crucial dans votre situation fiscale. C’est ici qu’intervient le fameux seuil des 183 jours.
Missions courtes (moins de 183 jours)
Pour les missions inférieures à 183 jours sur une période de douze mois, vous restez normalement imposable dans votre pays de résidence habituel. Le pays où vous effectuez la mission peut certes prélever une retenue à la source, mais vos obligations fiscales principales demeurent en France.
Ce que ça signifie concrètement : Vous faites votre déclaration d’impôts habituelle en France, vous mentionnez vos revenus étrangers, et vous bénéficiez des mécanismes anti-double imposition (crédit d’impôt ou exemption selon les cas).
Missions longues (plus de 183 jours)
Au-delà de 183 jours passés dans un même pays sur douze mois consécutifs, la donne change. Vous risquez de basculer et de devenir résident fiscal du pays d’accueil. Cette bascule entraîne une obligation fiscale complète : vous devez alors déclarer et payer vos impôts localement, selon les règles et les taux du pays en question.
Important à noter : Ce seuil de 183 jours n’est pas universel. Il varie selon les conventions fiscales bilatérales. Certains pays utilisent d’autres seuils (comme 120 jours ou 90 jours). Il est donc essentiel de vérifier la convention applicable à votre situation spécifique.
Le cas de Mathilde :
Mathilde, experte en gestion de projet, signe une mission de neuf mois à Dubaï. Elle dépasse largement le seuil des 183 jours. Mais attention : elle conserve son appartement à Paris, sa famille y reste, et elle revient régulièrement. L’analyse sera plus complexe et dépendra de l’ensemble de sa situation. Un conseil fiscal s’impose !
Les dispositifs d’exonération pour les missions internationales
Bonne nouvelle : le système fiscal français prévoit des allègements pour ne pas pénaliser les consultants qui travaillent à l’étranger. Voyons en détail ces dispositifs qui peuvent considérablement alléger votre facture fiscale.
Les exonérations totales : quand vous ne payez rien en France
Il existe trois situations principales où vous pouvez échapper complètement à l’impôt français sur vos revenus de mission internationale :
1. Missions longue durée dans certains secteurs (plus de 183 jours)
Si vous travaillez plus de 183 jours sur douze mois consécutifs dans l’un de ces domaines, vos revenus peuvent être totalement exonérés d’impôt en France :
- Chantiers de construction ou de montage d’installations industrielles
- Vous participez à la construction d’une usine en Pologne pendant huit mois ? Vos revenus peuvent être exonérés.
- Recherche ou extraction de ressources naturelles
- Mission d’exploration pétrolière au Kazakhstan ? Exonération possible.
- Navigation sur des navires immatriculés au registre international français
- Consultant en logistique maritime à bord ? Vous êtes concerné.
2. Prospection commerciale (plus de 120 jours)
Le seuil est plus court pour la prospection commerciale : seulement 120 jours sur douze mois consécutifs. Si vous êtes consultant en développement commercial et que vous passez plus de quatre mois à prospecter de nouveaux marchés à l’étranger pour votre entreprise de portage, l’exonération totale s’applique.
3. La règle des deux tiers
C’est le dispositif le plus souple et le plus fréquemment utilisé. Même si votre secteur d’activité ne figure pas dans les catégories ci-dessus, vous pouvez obtenir l’exonération totale si l’impôt que vous payez effectivement dans le pays étranger atteint au moins les deux tiers de ce que vous auriez dû payer en France.
Exemple de calcul :
- Revenus de mission : 80 000 €
- Impôt qui aurait été dû en France : 18 000 €
- Deux tiers : 18 000 × 2/3 = 12 000 €
- Impôt réellement payé en Suisse : 14 000 €
Comme 14 000 € > 12 000 €, vous bénéficiez de l’exonération totale en France !
Les exonérations partielles : optimisez vos primes d’expatriation
Lorsque l’impôt payé à l’étranger reste inférieur aux deux tiers de l’impôt français, le système bascule vers une exonération partielle. Mais attention, ce n’est pas pour autant une mauvaise nouvelle !
Comment ça fonctionne ?
Votre rémunération de base reste imposable en France, mais uniquement à hauteur de ce que vous auriez perçu pour une mission équivalente en France. En revanche, les suppléments de rémunération liés à votre mobilité internationale peuvent échapper à l’impôt français si certaines conditions sont réunies.
Les conditions pour exonérer vos primes d’expatriation :
- Les primes doivent être versées en raison de votre séjour à l’étranger
- Il doit y avoir un lien direct entre la prime et votre mission internationale. Ce n’est pas une augmentation générale, c’est une contrepartie de votre déplacement.
- Dans l’intérêt de votre société de portage
- La mission doit servir les intérêts commerciaux de votre entreprise de portage.
- Durée minimale de 24 heures
- Chaque déplacement concerné doit durer au moins une journée complète.
- Calcul établi avant le départ
- Le montant des primes doit être déterminé à l’avance, en fonction de la durée et de la destination.
- Plafond de 40 % de la rémunération de base
- Les suppléments exonérés ne peuvent pas dépasser 40 % de votre salaire de référence français.
Exemple concret :
- Salaire de référence en France : 5 000 €/mois
- Durée de mission : 6 mois au Maroc
- Prime d’expatriation : 1 800 €/mois
- Plafond autorisé : 5 000 × 40 % = 2 000 €/mois
La prime de 1 800 € respecte le plafond et peut être totalement exonérée si toutes les autres conditions sont remplies !
Qui ne peut PAS bénéficier de ces dispositifs ?
Deux catégories de travailleurs sont explicitement exclues de ces exonérations :
- Les travailleurs frontaliers : Si vous habitez en France et travaillez quotidiennement dans un pays voisin (Suisse, Luxembourg, Belgique, Allemagne), vous relevez de régimes spécifiques.
- Les agents de la fonction publique : Les fonctionnaires en mission à l’étranger suivent des règles différentes.
Démarches et obligations déclaratives
Maintenant que vous savez si vous êtes éligible aux exonérations, passons à la pratique : comment déclarer tout ça correctement ?
Votre déclaration d’impôts en portage international
Les formulaires à remplir
En plus de votre déclaration classique (formulaire 2042), vous devrez généralement compléter :
- Le formulaire 2047 : Déclaration des revenus encaissés à l’étranger
- Le formulaire 2042-C : Pour déclarer les crédits d’impôt éventuels
Les informations à fournir
Soyez précis et exhaustif :
- Montant exact des revenus perçus à l’étranger (en convertissant en euros au taux en vigueur)
- Pays de perception
- Nature des revenus (salaires, primes, indemnités)
- Impôts déjà payés à l’étranger
- Périodes de présence à l’étranger
Le rôle de votre société de portage
Votre entreprise de portage vous fournira :
- Les bulletins de salaire détaillant vos revenus
- Une attestation précisant les périodes travaillées à l’étranger
- Les montants soumis à cotisations sociales
- Parfois, une note explicative sur votre situation fiscale
Mais attention : la responsabilité de la déclaration vous incombe. Votre société de portage vous aide, mais c’est vous qui devez déclarer correctement.
Les documents essentiels à conserver
Ne jetez rien ! Conservez précieusement pendant au moins 3 ans (voire 6 ans en cas de contrôle) :
Preuves d’activité à l’étranger
- Contrats de mission avec dates précises
- Ordres de mission
- Billets d’avion et factures d’hôtel
- Relevés de présence signés par le client
Justificatifs fiscaux
- Attestations d’imposition étrangère
- Relevés de retenues à la source
- Justificatifs de paiement d’impôts locaux
Éléments de calcul des primes
- Notifications de prime d’expatriation
- Calculs détaillés des suppléments
- Correspondances avec votre société de portage
L’astuce de Marie, consultante RH internationale :
« Je tiens un tableau Excel avec toutes mes missions : dates, pays, client, montants facturés, impôts payés. À chaque déplacement, j’y ajoute mes justificatifs. En période de déclaration, j’ai tout sous la main en 5 minutes ! »
Les pratiques frauduleuses à éviter absolument
Parlons maintenant d’un sujet sérieux : les montages frauduleux. Certains sont tentés de « trop optimiser » leur situation fiscale. Erreur fatale !
Le schéma frauduleux classique : comment ça marche (et pourquoi ça ne marche plus)
Le montage typique se déroule ainsi :
- Un professionnel résidant en France crée ou rejoint une structure à l’étranger, souvent dans un pays à fiscalité réduite (paradis fiscal).
- Cette société étrangère facture à des clients français les prestations que le consultant continue d’effectuer… depuis la France.
- En contrepartie, la structure étrangère verse au consultant un « salaire », présenté comme un revenu de source étrangère donc faiblement imposé.
- Sur le papier, tout semble légal. Dans les faits, rien n’a changé : même consultant, mêmes clients, même lieu de travail. Seule l’existence d’une société écran permet de réduire artificiellement les impôts.
Pourquoi ça ne marche plus ?
L’administration fiscale a développé des outils redoutablement efficaces pour détecter ces montages. L’article 155 A du Code général des impôts permet au fisc de regarder au-delà de l’apparence juridique pour s’intéresser à la réalité économique.
Les questions que se pose l’administration :
- La société étrangère a-t-elle une existence économique réelle ?
- Dispose-t-elle de locaux, de personnel, de moyens propres ?
- Apporte-t-elle une réelle valeur ajoutée dans la prestation ?
- Ou ne joue-t-elle qu’un rôle de facturation sans participation effective ?
Si la structure n’est qu’une coquille vide servant uniquement à transférer des fonds, le montage est requalifié et les conséquences sont lourdes.
Les sanctions : ça fait vraiment mal au portefeuille
Les conséquences d’une requalification sont dramatiques :
Pour le consultant
- Rappel d’impôt : Tous les revenus dissimulés sont réintégrés dans votre base imposable
- Intérêts de retard : Environ 0,20 % par mois (2,4 % par an)
- Majorations : De 40 % à 80 % du montant dû selon la gravité
- Dossier fiscal tâché : Vous entrez dans le radar de l’administration pour les années suivantes
- Cotisations sociales : Le dossier est transmis à l’URSSAF qui réclame aussi son dû
Pour l’entreprise cliente
L’article 1737 du Code général des impôts prévoit une amende égale à 50 % des sommes facturées si l’entreprise a sciemment participé au montage.
Un exemple réel (anonymisé) :
Un consultant avait créé une structure au Luxembourg pour facturer ses clients français pendant 4 ans. Montant total des prestations : 400 000 €. Après requalification :
- Rappel d’impôt sur le revenu : 110 000 €
- Majoration pour manœuvres frauduleuses (80 %) : 88 000 €
- Intérêts de retard : 12 000 €
- Cotisations sociales réclamées par l’URSSAF : 95 000 €
- Total : 305 000 €, soit 76 % du montant facturé !
Comment rester en conformité : la bonne attitude
La solution ? La transparence et le bon sens :
✅ Ce qu’il faut faire :
- Travailler avec une vraie société de portage reconnue
- Déclarer honnêtement tous vos revenus
- Conserver tous vos justificatifs
- Ne pas hésiter à consulter un expert-comptable spécialisé
- Vérifier que vos missions correspondent réellement à un besoin à l’étranger
❌ Ce qu’il ne faut surtout pas faire :
- Créer une structure fictive dans un paradis fiscal
- Facturer depuis l’étranger alors que vous travaillez en France
- Dissimuler des revenus
- Accepter des propositions « trop belles pour être vraies »
- Penser que « personne ne vérifiera jamais »
La règle d’or : Si un montage vous promet une fiscalité quasi-nulle tout en continuant de travailler normalement, c’est qu’il y a un problème. Fuyez !
Cas pratiques : trois situations concrètes
Pour que tout soit bien clair, voyons trois exemples de consultants en portage international et comment gérer leur fiscalité.
Cas n°1 : Thomas, consultant IT – Mission courte en Belgique
Profil :
- Résident fiscal français (famille à Lille)
- Mission de 4 mois à Bruxelles
- Chiffre d’affaires : 40 000 € sur la mission
- Salaire net porté : 25 000 €
Situation fiscale :
- Durée < 183 jours : reste résident fiscal français
- La Belgique prélève une retenue à la source : 3 500 €
- Thomas déclare ses 25 000 € en France
- Impôt français calculé : 4 200 €
- Crédit d’impôt pour l’impôt belge : 3 500 €
- À payer en France : 4 200 – 3 500 = 700 €
Documents à conserver :
- Contrat de mission avec dates
- Attestation de retenue à la source belge
- Bulletins de salaire de sa société de portage
Le bon réflexe de Thomas : Il a tenu un calendrier précis de ses déplacements et conservé tous ses justificatifs de transport. En cas de contrôle, il peut prouver facilement sa durée de présence.
Cas n°2 : Isabelle, consultante prospection – 6 mois en Asie
Profil :
- Résidente fiscale française (Paris)
- Mission de prospection commerciale de 6 mois au Vietnam
- Chiffre d’affaires : 72 000 €
- Salaire net : 45 000 € dont 12 000 € de prime d’expatriation
Situation fiscale :
- Mission > 120 jours de prospection commerciale : exonération totale possible
- Prime d’expatriation : 12 000 € pour 6 mois = 2 000 €/mois
- Salaire de référence en France : 5 500 €/mois
- Plafond 40 % : 2 200 €/mois → la prime de 2 000 € est dans le plafond
- Impôt en France : 0 € (exonération totale)
Conditions à respecter :
- Mission bien documentée comme prospection commerciale
- Calcul de la prime établi avant départ
- Durée minimale de séjour > 120 jours respectée
L’erreur évitée par Isabelle : Son entreprise de portage avait d’abord prévu une prime de 2 500 €/mois. En calculant, elle a vu que ça dépassait les 40 %. Elle a négocié une répartition différente pour rester dans le cadre légal.
Cas n°3 : Laurent, expert BTP – 8 mois sur chantier au Qatar
Profil :
- Résident fiscal français (Toulouse)
- Mission de montage d’installation industrielle : 8 mois au Qatar
- Chiffre d’affaires : 120 000 €
- Salaire net : 75 000 €
Situation fiscale :
- Secteur éligible (montage installation industrielle)
- Durée > 183 jours
- Exonération totale en France
- Qatar : pas d’impôt sur le revenu
- Résultat : 0 € d’impôt au total (légalement !)
Point d’attention :
Laurent doit absolument conserver :
- Son contrat précisant la nature « montage d’installation industrielle »
- Les attestations de présence sur le chantier
- Les billets d’avion et justificatifs de séjour
Le piège évité : Laurent a bien vérifié que son contrat mentionnait explicitement « montage d’installation industrielle ». Un simple « mission de conseil » n’aurait pas permis l’exonération totale.
En résumé : vos 5 points clés à retenir
Vous voilà désormais armé pour gérer votre fiscalité en portage salarial international. Voici les 5 règles d’or à garder en tête :
1. Votre résidence fiscale, c’est la base
Déterminez où se trouve votre véritable domicile fiscal en regardant votre situation globale : famille, patrimoine, intérêts économiques. Ce n’est pas une question de jours à l’étranger, mais de liens réels avec un pays.
2. Le seuil des 183 jours est crucial
En dessous, vous restez généralement dans votre système fiscal d’origine. Au-dessus, les choses se compliquent et un basculement est possible. Soyez vigilant !
3. Les exonérations existent, profitez-en légalement
Que ce soit l’exonération totale pour certains secteurs ou l’exonération partielle de vos primes, ces dispositifs sont faits pour vous. Utilisez-les en respectant scrupuleusement les conditions.
4. Documentez TOUT
Contrats, calendriers, justificatifs, attestations… Ne jetez rien et organisez vos documents. Votre « vous du futur » vous remerciera en cas de contrôle fiscal.
5. Fuyez les montages frauduleux
Une société écran dans un paradis fiscal, ça finit toujours mal. L’administration fiscale est désormais très efficace pour détecter ces pratiques. Le jeu n’en vaut vraiment pas la chandelle.
Besoin d’aide pour optimiser votre situation fiscale en portage international ?
La fiscalité internationale en portage salarial, c’est complexe. Vous l’avez compris, il y a de vraies opportunités d’optimisation légale, mais aussi de vrais risques si on s’y prend mal.
Vous vous reconnaissez dans l’une de ces situations ?
✅ Vous envisagez une mission longue à l’étranger et voulez savoir comment être imposé
✅ Vous avez déjà travaillé à l’international et vous vous demandez si vous avez bien déclaré
✅ Vous hésitez entre plusieurs pays pour votre prochaine mission et la fiscalité est un critère
✅ Vous voulez optimiser légalement votre situation sans prendre de risque
✅ Vous ne savez pas si vous êtes éligible aux exonérations
Ne restez pas dans le flou !
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